Jung s’intéressait aux EMI parce qu’il se questionnait sur la persistance d’une forme de conscience ou de perception même lorsque les fonctions cérébrales semblent éteintes. Il voulait comprendre ce qui se passe dans ces états de syncope ou de mort imminente, et explorer la nature des visions et des perceptions rapportées par les sujets.
Jung utilise le concept de synchronicité pour expliquer que les visions perçues lors des EMI ne sont pas simplement des constructions imaginaires, mais qu’elles correspondent à des réalités archétypiques, à un plan objectif. Ces visions relèvent de l’« imagination vraie », une perception des images archétypiques qui transcendent le monde physique.
Une vision ordinaire peut être une création de l’esprit basée sur l’imaginaire individuel, alors que l’« imagination vraie » est autonome et connectée à l’inconscient collectif. Elle révèle des images archétypiques, indépendantes de la volonté du sujet, qui semblent avoir une existence propre et objective. L’Imagination vraie est pour Jung un organe de perception du monde archétypique, mais aussi du monde naturel.
Comme le relève Jung, dans les expériences de mort approchée, le portail symbolise une limite entre le monde physique et le monde métaphysique ou de l’au-delà. Passer ce portail signifierait quitter définitivement la vie physique. Cette frontière reflète une transition entre deux états d’existence distincts.
Jung intègre les EMI dans sa théorie de l’inconscient collectif et des archétypes. Il pense que les visions perçues lors des EMI sont celles d’un monde objectif, qui témoigne de la « réalité de l’âme ».
Selon Jung, elles sont réelles. Bien qu’elles ne puissent être mesurées physiquement, elles ont une réalité propre.
La synchronicité désigne, selon Jung et le physicien Wolfgang Pauli, une relation acausale entre des faits psychiques et physiques. Dans les EMI, cette correspondance non-causale peut expliquer, selon lui, comment une personne inconsciente peut avoir des perceptions précises de son environnement ou des réalités archétypiques sans utiliser ses sens corporels.
Les paysages et les couleurs perçus dans les EMI sont souvent décrits comme plus lumineux et vifs que ceux du monde naturel. Ces perceptions ne sont pas filtrées par les sens corporels, mais sont directement saisies à travers l’« imagination vraie », qui offre une vision plus immédiate et intense de l’environnement ou des objets.
